Bulletin n°1 : Gouvieux pendant la Révolution

samedi 21 avril 2012
par  Société Historique de Gouvieux
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Gouvieux pendant la Révolution


Sommaire

- Chronologie
- Ancien régime : profil d’un terroir 1740 - 1789
- Eglise : la fin de la fabrique de Gouvieux
- Impôts : contribution à l’histoire de la taille au XVIII s.
- Doléances : les deux Pierre de Gouvieux aux Etats généraux
- Administration : les débuts de la municipalité
- Féodalité : la fin de la seigneurie de Gouvieux
- A mort ! : l’affaire Pigeaux
- Thermidor : la Terreur s’installe dans l’Oise
- Charettes : les godviciens incarcérés
- Terreur : le château de chantilly prison de la Révolution
- Clergé : Gouvieux, son curé et la déchristianisation
- Chronique : la municipalité au jour le jour
- Restauration : le retour du Prince


Le 14 juillet 1789 est un mardi comme les autres à Gouvieux, petite paroisse de 300 feux sur la rive gauche de l’Oise, relevant du bailliage de Senlis et de l’évêché de Beauvais. Ce jour-là, Louis-Thomas Lafleur, dont il est beaucoup question dans ce bulletin, note sur son registre d’une plume ferme et méticuleuse : « ... a été baptisé par moi curé soussigné, Benoit Frédéric né d’hier du légitime mariage de Louis Bénard, marchand farinier, et de Geneviève Collinet, sa femme, demeurant en cette paroisse .... »
Comme dans bien des villes et villages de France, ce modeste représentant du bas clergé est appelé à jouer un rôle central dans les années qui suivent.

Une habitante de Vaux, se souviendra plus tard, avec beaucoup d’imagination, avoir entendu, près de Creil, tonner le canon de la Bastille, dont la prise est connue le soir même au château de Chantilly. Trois jours plus tard, les princes de Condé fuient la France. C’est la fin de la seigneurie relatée plus loin.

Avec une maturité qui peut surprendre deux siècles plus tard, les élus de la paroisse devenue commune administrent leur terroir sous un déluge de décrets révolutionnaires, sans perdre calme et bon sens. Avec l’auteur de l’article sur la fin tragique d’un meunier godvicien, occis à Chantilly par des gardes parisiens bien avant la Terreur, on peut estimer que ce lynchage, loin d’attirer de nouveaux excès, a ensuite incité à la modération.

Si les impôts avaient considérablement augmenté à partir des années 1780, les paysans jouissaient d’une certaine aisance, comme le souligne une étude pertinente sur la taille à Gouvieux et dans les villages voisins.

En fait, les premières victimes de la Révolution sont surtout les cerfs, les lapins et autres animaux de la giboyeuse capitainerie d’Halatte, immense chasse gardée des princes de Condé dont la limite coupait Gouvieux en deux.

En 1789, le village possède une population stable depuis plusieurs siècles et les gros cultivateurs passent sans transition de la gestion de la paroisse à celle de la commune. On plante un arbre de la liberté, l’église devient Temple de la Raison, puis Temple Décadaire, avant d’être rendue au culte catholique.

A la Restauration, les mêmes familles font acte de contrition en signant un texte surprenant reproduit dans ce bulletin. Elles conservent le pouvoir local.

M.N.


Gouvieux pendant la Révolution